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Association des Jardins et Vergers de l’Outre-Forêt

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Enchanting English Gardens 

Compte-rendu de Freddy Roth les 9 & 10 Juin 2018 and following days

Hastings Qui se souvient de cette bataille qui a scellé le destin de l’Angleterre ? Remember ! Guillaume de Normandie avec une quarantaine de chevaliers a débarqué sur les côtes anglaises, il a occis le pauvre roi saxon Harold et s’est fait proclamer à sa place. La région portait alors le nom du Sussex, ce qui signifiait le pays des Saxons du Sud. Voilà, 942 ans plus tard, presque jour pour jour, René a emmené avec lui la fine fleur des  Chevaliers du Plantoir et leurs gentes dames, pour fêter son 65° anniversaire. Ils étaient 36 et s’en souviendront de toute leur vie d’Ajvofiens, de ce pèlerinage à la découverte des Jardins Enchanteurs  anglais.

Administrativement, le Comté du Kent est la région située directement au Sud de la Tamise. Le Sussex-Est, est situé un peu plus au sud et présente une façade maritime avec les villes côtières d’Eastbourne et Brighton. Nos pérégrinations nous ont conduits de l’un à l’autre, en cercles concentriques autour de Hastings. Ces régions décrites comme les houblonnières, et greniers fruitiers et maraichers de l’Angleterre, m’ont plutôt fait l’impression d’être une sorte de vallée de Chevreuse, avec ses routes serpentant dans la forêt ; région de résidences secondaires pour Londoniens fortunés, golfs, gentilhommières et haras, proximité d’Epsom dans le Comté limitrophe du Surrey, oblige. En approchant de la côte, le bocage et les haies se font moins denses, j’ai bien vu quelques pâturages de bovins, à vrai dire j’ai vu plus de moutons. Quelques grandes surfaces étaient ensemencées, le blé dominant largement le maïs, mais rien ne me donnait l’impression d’une réelle densité agricole. Sorry Il y avait par contre ces maisons traditionnelles à colombages, les tuiles plates, recouvrant parfois à la verticale la façade. Visiblement, il n’y a pas de caves, on entre à plat dans l’habitation. Tout cela rappelle des décors de films à la David Copperfield. En entrées et sorties de villages, les maisons s’espacent, une haute haie de thuyas, buis, troène, parfois agrémentée d’un immense rhododendron, les cache à la vue. Mais dès qu’il y a une trouée dans ces murs végétaux, on peut voir des jardinets fleuris, avec une prédilection pour les roses et les azalées. Faisons un bref détour par ma boite à souvenir. J’ai visité au hasard de mes escapades, quelques beaux jardins, généralement dans des sites enchanteurs. Je me rappelle celui de Verbania sur le Lac Majeur, un autre à Capri, un autre encore à Blanes sur la Costa Brava. Et à chaque fois, on me racontait l’histoire, d’un richissime Anglais qui s’est installé ici avec son épouse vers la fin du XIX°, pour soigner ses rhumatismes et son asthme. Pour chasser son ennui, il a fait venir des plantes et arbres de tout le Commonwealth et les a acclimatés. Certes, il y aussi quelques Hollandais et Allemands qui complètent les rangs. Rendons justice aussi à quelques Français qui ont attrapé le virus, mais ce sont les British qui forment le gros du bataillon. Force est de constater qu’ils ont dans leur sang cette passion botanique, à moins que cela soit lié au climat. Jardins anglais, il y en des milliers. Mais 200 d’entre eux sont particulièrement remarquables et ces régions au Sud de Londres affichent une très forte densité. Tous ces jardins, sont issus d’initiatives privées, puis vient le jour où leur propriétaire n’est plus en mesure d’assurer l’entretien. Le National Trust for Places of Historic Interest or Natural prend alors le relais. Prononcez NT, son symbole est une branche de chêne. Son champ d’action s’étend aussi à la préservation du littoral, aux monuments remarquables. C’est à la fois la Fondation du patrimoine, et les monuments historiques. Cette association crée en 1895 regroupe aujourd’hui quelques 4 millions de membres, qui payent chacun entre 60 et 110 Euros (adhésion familiale) de cotisation annuelle et fournit des bataillons de bénévoles. Notre trésorier a failli en avaler son sandwich de travers !

CHARTWELL

 Il est 12 h 45, et nous voilà rendu à notre première étape: Chartwell House. Nous sommes au sud de Westerham dans le Kent. La propriété est un manoir du XVIieme reconstruit dans le style victorien, en immersion dans un domaine de 32 Ha. Winston Churchill en a fait l’acquisition en 1922 avec son épouse  Clémentine  (cela ne s’invente pas) il a fait de grands travaux d’aménagement intérieurs, mais aussi paysagers. La demeure qui a accueilli le Who’s Who a aussi été témoin des revers de fortune de la famille et s’est retrouvé en ventes, la maison d’ailleurs sera rachetée par un mécène après-guerre, qui en laissera généreusement l’usufruit à Winston. Peu occupé pendant la guerre, en raison de sa position en ‘ première ligne ‘, le domaine redeviendra la résidence privilégiée du vieux lion qui y rédigera son ” History of the English speaking people ” qui lui vaudra le prix Nobel de littérature. Il s’adonnera à un autre hobby, la peinture et à en juger par l’exposition de certaines toiles, il peignait rudement bien le bougre, avec dans quelques sujets, des touches impressionnistes. En 1965, à sa disparition, le National Trust prendra en charge le domaine, en faisant un ” Colombey les deux Eglises British” à la gloire de l’homme d’état. La partie jardin qu’il a inspiré, figure aussi à un rang notoire parmi les espaces bucoliques. J’ai évoqué le peintre, et c’est un jardin de peintre, mais aussi un jardin de contrastes comme sait l’inspirer un individu caractériel, connu pour ses sautes d’humeur et ses voltes faces. Le domaine englobe un vallon. Le côté Nord est couvert de pâturages et la forêt couvre le 1/3 supérieur. Un petit cours d’eau et une retenue d’eau en forme d’étang offre un terrain de jeu à une centaine d’oies et de canards. Il y aurait des cygnes noirs qui ont un sale caractère. Le cottage est situé sur un belvédère, on y monte par un petit chemin, arboré qui passe devant 3 étangs pleins de plantes aquatiques et de poissons rouges. Ce qui frappe ce sont les points de vue, un bouquet de 3 ou 4 arbres associe des nuances de vert, allant du plus pâle au vert bleuté des cèdres du l’Himalaya. Ailleurs ce sera un acer tout rouge avoisinant avec un hêtre pourpre et un platane. Ce sont aussi des arbres rhododendrons en floraison en limite de foret. En zone humide on peut voir un ilot de rhubarbe géante du Brésil. On quitte la terrasse du manoir, par quelques marches qui permettent d’accéder au sentier circulaire. En contre bas vers l’étang, des dizaines de couples viennent faire leur pique-nique dominical, avec nappes, chiens, enfants et grand-mère. Ce sont là peut-être ces fameux membres bénévoles qui y travaillent en semaine, et s’y reposent en famille le week-end. Ils affichent un air de propriétaire, visiblement c’est leur jardin familier et ils en sont fiers. Le sentier nous permet d’accéder à quelques habitations traditionnelles, sans doute la partie ferme originelle. L’une d’elle abrite le musée Winston où trône une imposante collection de cannes à coté de ses peintures que nous avons déjà évoquées. Il faut aussi visiter la prairie, plantée d’arbres fruitiers haute et moyenne tige, dont un pommier baptisé du nom de Newton (attention à la chute des fruits en automne) et un poirier ‘ Winston ‘ . Le potager se visite, entre lignes d’arbustes : groseilliers, framboisiers, muriers et lignes de haricots grimpants, artichauts ou cucurbitacées. Et pour terminer, visitons la roseraie qui a été offerte à Clémentine et Winston, par leurs enfants et petits-enfants, pour leurs noces d’or.

NYMANS

 Nous avons fait une petite escapade dans le West Sussex près du village de Handcross. Vers la fin du xix ieme siècle Ludwig Messel (1847-1915), membre d’une famille juive allemande, s’installe en Angleterre et achète le domaine Nymans, petit château entouré de 600 acres de terrain (env.240 Ha). Il va y crée un espace jardin sur quelques 33 ha. Son fils le Colonel Messel en hérite en 1915 et construit le manoir actuel véritable copie d’ancien dans le style Tudor. C’est aussi lui qui organise des collectes de graines jusqu’en Himalaya, Tasmanie et Amérique du Sud. Le jardin est à son zénith vers 1930, il souffrira de manques de moyens pendant la guerre. Un incendie ravage la maison, qui ne sera reconstruite que partiellement, les anciens murs contribuent à son originalité. A la mort de Léonard en 1953, le jardin passe sous le contrôle du National Trust. Plusieurs itinéraires le sillonnent, comme nous avons du temps devant nous, nous choisirons à quelques variantes prés celui qui fait 4 km, c’est dire l’étendue du domaine. La première partie, à flanc de coteau, nous conduit à travers le Pinetum, consacré aux conifères du monde entier. Même si une tempête a eu raison de certains des arbres, il y a de beaux restes. Nous admirons en particulier deux sequoias majestueux. L’histoire ne précise pas quand ils ont été plantés, mais Marie-Louise que j’ai photographiée au pied de l’un des spécimens, à titre de repère dimensionnel, ressemble à un écureuil. A proximité, on peut admirer des buis de près de 2 m de haut taillés selon toutes les formes géométriques, les fameux topiaires Nous continuons jusqu’au point de vue, pour revenir par la partie jardin d’agrément par l’espace rocaille et de landes. Des Erica, de toutes couleurs et tailles m’ont particulièrement inspiré. Devant la maison partiellement en ruine, nous croisons un original british-wedding en train de prendre des photos. Pour la petite histoire, on reconnait un mariage, de tout autre type de festivité, par le fait que la belle-mère porte un chapeau typique. Jusqu’à présent, je croyais que ce type de couvre-chef était réservé à sa Majesté, et à la douce Camélia. Non, j’ai constaté que les mamans des époux en avaient fait un signe distinctif. Petite anecdote, le soir à l’hôtel, nous avons côtoyé une cérémonie, que nous avions pris de prime abord pour un autre mariage. En fait l’hôtelier, nous confirmera que c’était ” just à Party ” Si nous avions été un tout petit plus observateur, nous aurions pu arriver tous seuls à cette même conclusion en regardant les chapeaux des dames. Plus sérieusement, des rosiers grimpants et clématites tapissent les ruines, le tableau est romantique. Devant l’ancienne entrée, un tout petit carré donne l’image d’un jardinet à la française, avec ses bordures en buis tirées au cordeau et à l’équerre et ses arabesques de cotoneaster symétriques, comme pour affirmer : nous savons aussi faire, mais nous préférons la forme anglaise ! La pergola, groupe quelques très beaux arbres ornementaux, Messel et ses jardiniers sont à l’origine de sélections et d’hybridations qui ont données des magnolias et de rhododendrons exceptionnels. Le Wall Garden est un enclos ceint par un mur en brique et traversé par deux allées principales perpendiculaires. Une ravissante fontaine marque cette intersection. C’est une féerie de couleur, un tableau vivant où les taches colorées se superposent. Un autre enclos nous attend un peu plus loin, il est plus petit, mais entièrement dédié aux roses. National Trust s’occupe de tout, ventes de plants, librairie, restauration. Une pause est d’ailleurs bienvenue.

HOTEL HEVER à EDENBRIDGE

Notre chauffeur fait des prouesses, pour se faufiler dans une trouée verte. Il passera même par un petit tunnel, si étroit que l’antenne sur le toit couine et que les rétros sont à quelques mm (inches) de la voute. Nous arrivons quand même à passer et retrouvons le Kent et l’hôtel. La vieille demeure se réclame d’Henri III et d’Anne Boleyn. Il y a des références plus sympathiques, l’un étant le Barbe-bleue Anglais, et l’autre l’une de ses victimes. Nos quartiers sont apparemment dans les anciennes écuries, l’entre sol est transformé en salle de musculation et l’étage aménagé en chambres. Personne ne s’est assommé à la poutre insolite qui laisse accès à une fenêtre en chien assis, offrant vue sur le green de Golf. Peut-être y avaient-ils des fantômes dans ces murs historiques, les ajvofiens occupés à dormir ne s’en sont pas préoccupés. Comme c’est l’anniversaire d’Hastings (et à cette occasion, mais 942 ans plus tard celui de René) nous avons trinqué (doublement) à ces deux jubilés, le repas qui avait suscité quelques interrogations était de bonne facture. Le petit déjeuner du lendemain justifiait l’appellation de British Breakfast. Après la photo de groupe notre chauffeur réalisa de nouvelles prouesses pour nous sortir de cet enfer vert qui nous incitait à évoquer Robin des Bois.

 SISSINGHURST

 Nous sommes toujours dans le Kent, tout près des côtes de la Manche et de Hastings (942 ans avant) pour visiter sans doute le plus bel exemple et le plus couru des jardins Anglais. L’histoire des lieux démarre à la fin du Moyen-Age, par la construction d’un petit château dont les locaux serviront de prison pour interner des marins français pendant la guerre de 7 ans. On peut encore voir des graffitis de voiliers sur les murs de la tour. Puis l’ensemble tombe en ruines. En 1855 le nouveau propriétaire construit une ferme, dont les dépendances, de nos jours servent de lieu de restauration et d’exposition. On peut admirer les séchoirs à houblons, avec leur cheminée girouette traditionnelle en cette région réputée pour ses productions houblonnières. Nous avons vu partout ces séchoirs typiques, mais point de houblon. C’est en 1930 que la romancière Vita- Victoria Sackville-West qui est une ‘ Georges Sand anglaise ‘, marié au diplomate Harold Nicholson fait l’acquisition du domaine. Ils commencent à rénover ce qui est récupérable et tracent les contours d’un jardin. Le National Trust va acquérir cette propriété en 1967. Depuis 1992 il limite le nombre des visiteurs à 160 000 par an pour préserver le jardin et régule les entrées, nous priant d’ailleurs d’inverser notre visite, prévue initialement l’après-midi. Exceptionnellement pour un jardin anglais, les casse-croûtes sont interdits dans l’enceinte ! En attendant 11 heures heure d’ouverture, nous visitons le potager. Cet endroit, dans la logique anglaise est conçu comme un lieu d’agrément. J’ai pris une photo d’un damier de salades sur 4 rangs et 50 yards de long, alternant des plants de feuille de chêne d’un vert tendre et son homologue rouge virant au brun. Par ci, par là quelques Lollo Rossa qui ont sans doute été repiquée pour compléter les manquants. Il y a toutes sortes de légumineuses et de buissons de groseilles, lignes de framboises et mures, toujours en longueur de 50 Yards. Il ne manque que les TOMATES. Nous n’en verrons d’ailleurs nulle part, sans doute que l’humidité du climat ne s’y prête pas. Un écriteau dit que les 2 employés (payés) et les 25 bénévoles (non payés) produisent 6 tonnes de légumes par an. Cela nous inspire une comparaison avec notre association. Nos propres chefs bien que plus nombreux que 2, mais tout aussi gratuits que les autres ajvofiens bénévoles semblent être d’une efficacité directrice bien plus redoutable. C’est là le triomphe de la démocratie du peuple sur le principe monarchique ! Sur ces entrefaites, la visite peut commencer, et la manière la plus commode d’aborder le jardin est de prendre l’escalier de bois en colimaçon qui grimpe dans la tour et vous conduit sur une plateforme qui domine les cinq hectares. L’espace est divisé en dix enclos, bordés par des haies d’ifs taillés au cordeau à hauteur d’homme, mais aussi par des murs de briques. Certains proviennent des anciens bâtiments, d’autres ont été rajoutés par les propriétaires. Ce cloisonnement de l’espace, idée révolutionnaire en 1935 fait penser à de réelles chambres qui semblent remplir chacune une fonction spécifique. Ce sont des jardins dans le jardin. Vita était une esthète qui aimait particulièrement les roses anciennes. Ces fleurs avaient une seule floraison éphémère en juin. Les variétés actuelles ont un cycle de floraison beaucoup plus long. C’est peut-être là l’origine de cette idée de concevoir ses jardins en chambres, qui permet en tout moment de la saison d’avoir un espace au summum de sa floraison. Nous redescendons bien sûr pour voir ces carrés fleuris, ils sont bordés par des petites haies de buis, rappel de la version française et répondent chacun à un thème Le jardin aux roses est aujourd’hui étoffé par des vivaces et des clématites qui grimpent le long de tétraèdre en osier tressé. Le jardin blanc contient des plantes dans toutes les nuances de blanc ou qui possèdent un feuillage gris argenté, une glycine (banche) cours le long d’un mur en brique. Un pavillon forme le centre, couvert de roses grimpantes qui l’escaladent. Les azalées forment l’essentiel des platebandes. Le jardin aux herbes à l’extrémité sud-est est l’un des plus complets du royaume. Le passage des tilleuls oeuvre d’Harold Nicholson qui voulait créer un jardin italien classique, avec petites statues, égayé de poteries en terre cuite toscanes qui mettent une ” touch of colour”. Ailleurs, ce sont des pois de senteur, là des digitales bleues violettes ou blanches. Je suis tombé en arrêt devant un Puya Alpetris qui a un air de sciences fiction, jusque-là je n’avais jamais rien vu de ressemblant, avec ses fleurs bleues et des étamines orange. J’ai pris cela pour un polymère, et comme St Thomas j’ai touché pour m’assurer que c’était végétal ! Ailleurs c’est un Acer Griseum dont l’écorce qui part en lambeaux ressemble à des rouleaux de cannelle. Ce sont aussi des variétés de lupins, des aulx magnifiques ou tout simplement des capucines. Sur un autre pan de mur on voit un figuier de 3 m de hauteur sur 5m de large. Nul ne doute qu’il portera des fruits à l’abri dans son écrin protecteur. Je voudrais tant parler de ces fleurs, mais je me rends à l’évidence que je ne sais en identifier qu’une infime variété. Alors en désespoir de cause, je vais vous parler peinture, fauvisme, impressionnisme, taches de couleurs, pulsations et vibratos, à telle enseigne qu’on perçoit les vibrations de l’air. Une féerie renouvelée chaque fois que vous passez par une porte taillée dans ces façades végétales, ou ces murs de briques monolithiques, rouges et plates, comme celle qu’on utilisait encore au milieu du siècle dernier. Car ce jardin est aussi maçonnerie et menuiserie, comme en témoignent ces abris et ce cabanon où trône une vieille machine à écrire au milieu de livres. Un pan entier est vitré et donne sur le petit canal et la noiseraie. De Vita et Harold, lequel des deux y trouvait la quiétude pour écrire, au fond de ces merveilles ? Nous sommes quelques- uns à penser qu’une visite à Sissinghurst, devrait être érigée en critère d’admission pour les futurs adhérents de l’Ajvof.

GREAT DIXTER


C’est notre dernière visite et nous jouons une fois de plus à saute-mouton avec les frontières du Comté, pour nous rendre dans l’East Sussex. Par la même occasion, nous passons pour la nième fois à proximité de Hastings (que chacun connait maintenant’) Great Dixter est une maison du milieu du XVe siècle achetée par Nathaniel Lloyd. En 1909, il a récupéré une maison similaire dans le Kent et les deux colombages ont été juxtaposés pour réaliser un manoir médiéval. A côté de la construction, on trouve les éléments anciens d’un corps de ferme, des hangars ; des granges et un séchoir à houblon. Les premiers aménagements du jardin datent de la période d’acquisition, mais c’est Christopher Lloyd le plus jeune fils qui va vraiment le façonner. Après des études en horticulture, il revient à Dixter, innove par ses recherches de plantes inhabituelles, reçoit toutes sortes de distinctions pour la promotion du jardinage, devient une célébrité télévisuelle et sera fait Chevalier de l’Empire britannique en 2000. Sa conception du jardinage repose sur l’idée de profondeur visuelle sur 3 ou 4 rangs de plantations, les petits devants, les grands derrières comme sur une photo. Un autre de ses principes est la complémentarité et la succession des fleurissements au fil des saisons pour préserver une image de constance dans le changement. On peut admirer les topiaires : buis et Ifs sculptés en formes géométriques qui font l’arrière-plan de ces véritables tableaux floraux. Dans les premières lignes, c’est une profusion de fleurs de pavots et de coquelicots. Le jardin tropical et le jardin humide sont de toute beauté. Que dire de plus, c’est un point d’orgue contemporain et le plus abouti des jardins que nous avons visités. Si l’évocation se fait brève, c’est en partie parce que les mots me manquent.

METEO & CONSTATS

Nous avons bénéficié d’un temps clément, pas une goutte de pluie sur l’échéance. Par contre le ciel était souvent voilé, le fond de l’air un peu frais. Nous ressortons notre petite laine chaque fois que le soleil se cache derrière les nuages. Sur le même plan, j’ai été surpris de constater que les plants de potimarrons et Cie sont encore chétifs. Les rhododendrons étaient en pleine floraison et d’autres variétés me paraissent aussi en retard d’une bonne quinzaine de jours par rapport à nos univers floraux. Il est vrai que nos plantations ont bénéficié d’un printemps exceptionnel. Les roses par contre semblent avoir été affectées par plusieurs épisodes pluvieux. Il est certain que ces précipitations contribuent à la luxuriance des parterres fleuris et des gazons. Quand faut-il visiter ? La première quinzaine de Juin est assurément une période faste. Mettons en garde les futurs candidats à la visite de ces jardins, quant aux tarifs des entrées. Une quinzaine de livres semble être la règle commune, avec un supplément pour des entrées thématiques (Maison Churchill par ex.) NT n’est assurément pas un institut de bienveillance.
 LE RETOUR

Après ce dernier jardin, il est temps de rejoindre l’aérogare. Malgré des conditions de circulation qui deviennent dense, notre chauffeur s’acquitte de sa mission avec ponctualité. C’est le moment, pendant ce trajet de remercier tous ceux qui ont oeuvrés pour rendre possible ce voyage et aussi ceux qui se sont occupés des différents points logistiques. Jusque-là tout a été parfait Et si par la suite des grains de sable vont venir enrayer la mécanique des transports, cela ne doit pas entacher ce que nous avons vu et vécu pendant des deux jours. Je n’en évoquerai donc pas plus dans ce compte rendu de visite.

Erratum
En vérifiant, mes sources, je me suis rendu compte que le jour de la commémoration d’Hastings est le 14 Octobre 1066 et n’a donc qu’un lien très éloigné avec la date d’anniversaire de René ! Cette double libation lors de la soirée festive n’aurait donc pas de justifications historiques ! Si je bats ma coulpe pour cette erreur. Je n’en éprouve pas pour autant de regrets.

Voir les images du voyage ICI 

Publié le 10/04/2021
Dernière modification le 28/01/2024